Journal de l'ile de la Réunion : En parlant d’argent, une grosse inquiétude plane actuellement sur le volet défiscalisation que le gouvernement préconise de réformer outre-mer dans le cadre du projet de loi des finances 2006.
Etes-vous en mesure aujourd’hui de rassurer les élus de la Réunion en leur disant qu’il n’y aura pas de plafonnement spécifique des investissements ? François Baroin : Le budget de l’Outre-mer s’inscrit dans le cadre général du budget de l’Etat, avec les difficultés que vous savez : les finances de l’Etat ne vont pas bien et la recherche d’économies budgétaires est une nécessité. Mais elle ne doit pas se faire aux dépens de l’emploi, surtout Outre-mer.
Ce que je peux dire c’est que les engagements pris dans le cadre de la loi Girardin doivent être respectés. Concernant les modalités du respect de ces engagements, elles sont actuellement l’objet du débat parfaitement légitime, car tout dispositif peut être amélioré pour plus de justice ou d’efficacité. C’est le rôle du débat parlementaire. Je crois aux vertus du débat parlementaire pour trouver une solution avec un objectif politique qui est le mien : ce qui a été dit sera respecté.
Autrement dit, pas d’inquiétude à avoir sur le volet défiscalisation à la Réunion ?
François Baroin
Ce qui compte, c’est ce qui marche. Ce qui marche, c’est l’efficacité d’un dispositif qui est nécessaire pour l’Outre-mer. C’est-à-dire des avantages fiscaux pour mobiliser des investissements pour créer de la richesse, créer des emplois et créer du développement durable. C’est autour de cela et de ces grands principes que l’on doit adapter les techniques budgétaires pour atteindre ces perspectives. C’est ce qui sera proposé dans le projet 2006 de loi des finances pour l’Outre-mer dans le cadre de la réforme de notre organisation financière qui entre pour la première fois en vigueur et repose désormais sur une logique de résultat de l’action publique.
Journal de l'ile de la Réunion :
Qui dit défiscalisation dit aussi logement, l’autre grande préoccupation à la Réunion, après le chômage.
Il faudrait en construire 9 000 par an, dont 6 000 logements sociaux. On en construit 2 000 actuellement. Là aussi, on est loin du compte. Comment comptez-vous y remédier ?François Baroin : Le ministère de l’Outre-mer connaît bien cette situation difficile dans laquelle se trouve la politique du logement social à la Réunion. Pour faire face à cette situation de crise et d’urgence, il y a déjà un certain nombre de décisions qui sont prises. Je veux parler du dégel de 20 millions d’euros de crédits de paiement sur la ligne budgétaire unique (LBU) pour l’Outre-mer dont 8,5 millions d’euros pour la Réunion. Par ailleurs, en application de la loi-programme, nous allons procéder à une évaluation des effets de défiscalisation dans le domaine du logement. Elle connaît à la Réunion un grand succès. Elle attire de plus en plus les opérateurs qui créent des logements et des emplois. C’était bien l’objectif recherché. Il faut aussi optimiser cet outil de défiscalisation par une élimination des effets pervers qui ont déjà été identifiés, notamment le problème du foncier et une certaine spéculation qui peut exister avec des phénomènes inflationnistes.