Un extrait de l'article de Mr Liêm Hoang-Ngoc Publié dans le monde diplomatique en octobre 2007
La loi dite, par antiphrase, « pour le travail, l’emploi et le pouvoir d’achat » (TEPA), adoptée dans la foulée de la victoire de M. Nicolas Sarkozy à la présidentielle, et communément appelée « paquet fiscal », accentue à nouveau les injustices fiscales.
Quasi-suppression des droits de succession
- Le bouclier fiscal, étendu à 50 % du revenu, supprimera de fait l’ISF pour les très hauts revenus.
- Il bénéficie à 235 000 ménages, à qui l’Etat reverse 600 millions d’euros.
- Parmi eux, les 13 000 ménages les plus fortunés touchent un chèque de 45 000 euros.
- L’ISF avait été créé pour financer en partie le revenu minimum d’insertion (RMI), dont le coût est de 8 milliards par an.
- La quasi-suppression de l’ISF amputera ses ressources de plus de 4 milliards d’euros, à un moment où la précarité s’étend.
- Le coût de cette mesure est de 2,2 milliards d’euros.
Crédit d'impot immobilier
- Le crédit d’impôt pour les intérêts d’emprunt de l’habitation principale est une aubaine pour les ménages aisés. Il entretiendra la flambée des prix de l’immobilier, où l’offre de logements stagne.
- Son coût est de 3,7 milliards d’euros.
La défiscalisation des heures supplémentaires
- Elle revient à légaliser le travail sans cotisations sociales, à l’instar du « travail au noir ».
- Son coût est de 6 milliards d’euros.
Dans l’Ancien Régime, les privilèges de la noblesse étaient liés à la propriété terrienne. Dans le nouveau capitalisme, la noblesse (d’argent) tire ses privilèges d’actifs financiers.
Liêm Hoang-Ngoc
Maître de conférences à l’université Paris-I ; auteur de Vive l’impôt !, Grasset, Paris, 2007, et de Dix questions sur la dette, Michalon, Paris, 2007.
L'article complet de Mr Liêm Hoang-Ngoc
En France, retour aux privilèges fiscaux de l’Ancien Régime